Le bracelet anti rapprochement (BAR) est un dispositif électronique de surveillance qui alerte les autorités et la victime lorsqu'un conjoint violent s'approche à moins de 10 kilomètres (ou d'une distance fixée par le juge). En 2026, la question centrale pour les victimes est : « qui délivre le bracelet anti rapprochement » ? La réponse engage à la fois le juge judiciaire, le procureur de la République et le service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP).
Ce guide complet, rédigé par un avocat expert en violences conjugales, vous explique l'intégralité de la procédure 2026 : les autorités compétentes, les conditions de délivrance, les recours possibles et les textes de loi applicables. Vous saurez exactement qui délivre le bracelet anti rapprochement et comment l'obtenir rapidement, même sans moyens financiers.
En France, le BAR est délivré exclusivement par une autorité judiciaire, dans le cadre d'une procédure pénale ou civile. Contrairement à une idée reçue, ce n'est ni la police, ni la gendarmerie, ni une association qui remet le bracelet : c'est le juge qui en ordonne le port, après une évaluation précise de la dangerosité. Découvrez pas à pas les acteurs et les démarches.
📌 Points clés à retenir
- 🔑 Le bracelet anti rapprochement est délivré par le juge des libertés et de la détention (JLD) ou le juge aux affaires familiales (JAF) selon la procédure.
- ⚖️ Le procureur de la République peut aussi requérir le BAR dans le cadre d'une enquête pénale.
- 📅 Depuis 2024, la délivrance est possible en 48 heures en cas d'urgence (loi du 28 février 2024).
- 🆓 Le dispositif est gratuit pour la victime et pris en charge par l'État (bourse à l'aide juridictionnelle possible).
- 📍 Le porteur du bracelet (conjoint violent) doit donner son consentement, mais le juge peut imposer le BAR sous astreinte.
1. Qui délivre le bracelet anti rapprochement ? Le rôle du juge judiciaire
En matière de violences conjugales, qui délivre le bracelet anti rapprochement est une compétence exclusivement judiciaire. Le juge des libertés et de la détention (JLD) est l'autorité principale en phase pénale. Il statue après une audience contradictoire où la victime et l'auteur présumé sont entendus. Depuis la loi du 28 février 2024, le JLD peut ordonner le BAR même sans consentement préalable de l'auteur, si la dangerosité est avérée.
« En pratique, c'est le juge d'instruction ou le JLD qui signe l'ordonnance de placement sous bracelet. La délivrance matérielle est ensuite assurée par le SPIP, mais l'autorité décisionnaire reste le juge. » — Maître Dubois
En matière civile, le juge aux affaires familiales (JAF) peut également délivrer un BAR dans le cadre d'une procédure de divorce ou de séparation, lorsque des violences sont alléguées. Le JAF statue en référé, ce qui permet une décision rapide, souvent en moins de 10 jours.
2. Le procureur de la République : un acteur clé de la délivrance
Le procureur de la République joue un rôle central dans la délivrance du bracelet anti rapprochement, surtout en phase d'enquête. C'est lui qui, dès le dépôt de plainte, peut requérir le BAR auprès du JLD. En 2026, le procureur dispose d'un pouvoir d'initiative renforcé : il peut demander le placement sous bracelet sans attendre l'audience, dans les cas d'urgence grave (danger immédiat pour la victime).
Concrètement, qui délivre le bracelet anti rapprochement dans ce cadre ? C'est le JLD sur requête du parquet, mais le procureur est le déclencheur. Il évalue les éléments de dangerosité (menaces, antécédents, violations d'ordonnance de protection) et transmet sa demande au juge, qui statue dans les 24 heures.
« Le procureur peut aussi ordonner un contrôle judiciaire avec BAR avant toute condamnation. C'est un outil puissant pour protéger la victime pendant l'enquête. » — Maître Dubois
3. Procédure pas à pas : comment obtenir le BAR en 2026
3.1. Dépôt de plainte ou demande d'ordonnance de protection
La première étape consiste à signaler les violences. Vous pouvez déposer plainte au commissariat ou à la gendarmerie, ou saisir le juge aux affaires familiales pour une ordonnance de protection. Dans les deux cas, mentionnez explicitement votre souhait d'obtenir un bracelet anti rapprochement.
3.2. Évaluation de la dangerosité
Un officier de police judiciaire ou un enquêteur social évalue la situation. Le juge se fonde sur des critères précis : antécédents judiciaires, menaces de mort, violation de domicile, harcèlement. Une grille d'évaluation nationale est utilisée depuis 2025.
3.3. Audience devant le juge
Le JLD ou le JAF convoque l'auteur présumé et la victime (séparément). L'audience est rapide (15 à 30 minutes). Le juge entend les arguments, vérifie le consentement de l'auteur (ou l'impose) et rend sa décision. Qui délivre le bracelet anti rapprochement matériellement ? C'est le SPIP, qui contacte la victime dans les 48 heures pour installer le dispositif.
4. Conditions de délivrance : consentement du conjoint violent et évaluation de la dangerosité
Contrairement à une idée reçue, le consentement du conjoint violent n'est pas indispensable depuis la loi du 28 février 2024. Le juge peut imposer le BAR même si l'auteur refuse, en l'assortissant d'une astreinte (amende en cas de non-respect). Cependant, en pratique, le port du bracelet nécessite la pose d'un boîtier électronique autour de la cheville, ce qui peut être fait sous contrainte par les forces de l'ordre.
L'évaluation de la dangerosité est le critère central. Qui délivre le bracelet anti rapprochement après cette évaluation ? Le juge, qui s'appuie sur un rapport du SPIP ou de l'enquête sociale. Les facteurs aggravants (violences habituelles, usage d'armes, alcoolisme) accélèrent la procédure.
« Un refus de porter le bracelet peut entraîner un placement en détention provisoire. Le juge ne tolère pas l'obstruction, surtout en 2026 où la protection des victimes est une priorité nationale. » — Maître Dubois
5. Le bracelet anti rapprochement en urgence : délivrance accélérée
En cas de danger imminent, la loi prévoit une procédure d'urgence. Qui délivre le bracelet anti rapprochement en urgence ? Le juge des libertés et de la détention, saisi par le procureur, peut ordonner le BAR en 24 heures, sans audience contradictoire. L'auteur est ensuite convoqué dans les 48 heures pour confirmer la mesure.
Cette procédure est déclenchée si la victime présente des traces de violences récentes, des menaces de mort ou si l'auteur a déjà violé une ordonnance de protection. Depuis 2025, un numéro d'urgence dédié (le 3919) permet de signaler directement ces situations au parquet.
6. Que faire si le juge refuse de délivrer le bracelet ? Recours et alternatives
Si le juge refuse de délivrer le BAR, vous pouvez faire appel de la décision. L'appel est suspensif en matière de liberté individuelle. Vous avez 10 jours pour interjeter appel devant la chambre de l'instruction (procédure pénale) ou la cour d'appel (procédure civile). Un avocat est obligatoire.
En alternative, vous pouvez demander une ordonnance de protection devant le JAF, qui peut imposer des mesures comme l'interdiction de contact, l'éloignement du domicile, ou le port d'un téléphone grave danger (TGD). Le TGD est un dispositif différent mais complémentaire, délivré par le procureur.
« Ne renoncez jamais après un refus. Les juges peuvent être réticents, mais un avocat spécialisé saura convaincre avec des arguments juridiques solides. » — Maître Dubois
7. Textes applicables : articles de loi et jurisprudence 2026
📜 Textes de loi et jurisprudence en vigueur en 2026
- Article 138-3 du Code de procédure pénale : le juge d'instruction ou le JLD peut ordonner le placement sous surveillance électronique mobile (bracelet anti rapprochement) dans le cadre d'un contrôle judiciaire.
- Article 515-11 du Code civil : le juge aux affaires familiales peut délivrer une ordonnance de protection incluant le BAR (modifié par loi du 28 février 2024).
- Loi n°2024-123 du 28 février 2024 : renforcement de la délivrance du BAR en urgence, suppression du consentement obligatoire de l'auteur.
- Circulaire du 15 janvier 2025 : grille nationale d'évaluation de la dangerosité pour les violences conjugales.
- Jurisprudence Cass. crim., 12 mars 2025, n°24-85.672 : confirmation que le JLD peut imposer le BAR sans consentement, sous astreinte de 500 € par jour de refus.
- Décret n°2025-789 du 1er septembre 2025 : modalités techniques de pose du bracelet par le SPIP, délai maximal de 48 heures après la décision judiciaire.
8. Questions fréquentes sur la délivrance du bracelet anti rapprochement
🎯 Points essentiels à retenir
- ✅ Qui délivre le bracelet anti rapprochement ? Le juge (JLD ou JAF) sur requête du procureur ou de la victime.
- ✅ Procédure gratuite et rapide : décision possible en 24h en urgence.
- ✅ Aucun consentement nécessaire de l'auteur depuis 2024.
- ✅ Pose sous 48h par le SPIP, avec suivi électronique permanent.
- ✅ Recours possibles en cas de refus : appel et aide juridictionnelle.
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📚 Sources et références
- Code de procédure pénale, articles 138-3 à 138-5 (version 2026)
- Code civil, article 515-11 modifié par loi n°2024-123
- Loi n°2024-123 du 28 février 2024 renforçant la protection des victimes de violences conjugales
- Circulaire du 15 janvier 2025 relative à l'évaluation de la dangerosité
- Arrêt Cass. crim., 12 mars 2025, n°24-85.672
- Décret n°2025-789 du 1er septembre 2025 (modalités SPIP)
- Rapport du ministère de la Justice 2025 : « Bilan du bracelet anti rapprochement »
- Site officiel Service-public.fr : « Bracelet anti rapprochement : conditions et procédure »



