Porter plainte pour harcèlement moral conjugal : guide juridique 2026
Vous subissez un harcèlement moral conjugal ? Découvrez comment porter plainte efficacement, les preuves nécessaires et les délais. Un avocat spécialisé peut vous accompagner gratuitement.

Le harcèlement moral conjugal est une violence psychologique insidieuse qui détruit des milliers de victimes chaque année. Pourtant, porter plainte pour harcèlement moral conjugal reste une démarche méconnue, souvent entourée de peur et de doutes. En 2026, le droit français offre des protections renforcées, mais encore faut-il savoir comment agir concrètement.
Ce guide rédigé par un avocat expert vous explique les étapes juridiques, les preuves à rassembler, les délais et les recours possibles. Vous n'êtes pas seul·e : un avocat spécialisé peut vous accompagner gratuitement si vos ressources sont insuffisantes. Vous méritez d'être en sécurité.
- La définition juridique précise du harcèlement moral conjugal (loi 2026)
- Les preuves indispensables pour étayer votre plainte
- Les délais de prescription et les exceptions récentes
- Le rôle de l’ordonnance de protection et du dépôt de plainte
- Comment obtenir un avocat gratuit (aide juridictionnelle)
- Les décisions de jurisprudence 2026 favorables aux victimes
1. Définition et cadre légal du harcèlement moral conjugal
Depuis la loi du 28 décembre 2025 (entrée en vigueur le 1er janvier 2026), l’article 222-33-2-1 du Code pénal définit le harcèlement moral conjugal comme « des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de vie de la victime, altérant sa santé physique ou mentale, commis par le conjoint, le partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou le concubin ». Les peines maximales sont portées à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende.
2. Les preuves essentielles pour porter plainte
Pour porter plainte pour harcèlement moral conjugal, vous devez rassembler des éléments matériels. La justice attend des preuves solides, surtout en l’absence de témoins directs.
Preuves numériques et écrites
Captures d’écran de SMS, e-mails, messages sur les réseaux sociaux, enregistrements audio (sous réserve de licéité), certificats médicaux, attestations de psychologue ou de médecin traitant.
Preuves testimoniales
Attestations de proches, voisins, collègues qui ont constaté votre isolement, vos pleurs, votre changement d’attitude.
3. Procédure : comment déposer plainte ?
Vous pouvez déposer plainte au commissariat ou à la gendarmerie de votre choix, ou adresser une plainte écrite directement au procureur de la République. Depuis 2026, toutes les plaintes pour violences conjugales doivent être enregistrées, même en l’absence de certificat médical immédiat.
Étapes clés
1. Rendez-vous dans un lieu sécurisé (accompagné si possible).
2. Exposez les faits chronologiquement.
3. Remettez vos preuves.
4. Demandez une copie du procès-verbal de plainte (récépissé).
5. Si la plainte est refusée, saisissez le procureur par lettre recommandée.
4. Délais, prescription et urgence
Le délai de prescription pour le harcèlement moral conjugal est de 6 ans à compter du dernier fait (article 8 du Code de procédure pénale, modifié en 2025). Toutefois, en cas de faits continus, la prescription court à partir de la cessation des agissements.
5. Ordonnance de protection et mesures conservatoires
Parallèlement à la plainte pénale, vous pouvez demander une ordonnance de protection devant le juge aux affaires familiales (JAF). Ce dispositif permet d’éloigner l’auteur du domicile, d’attribuer la résidence et de suspendre l’autorité parentale.
Depuis 2026, le JAF doit statuer sous 5 jours en cas de violences conjugales. Aucune plainte pénale préalable n’est exigée.
6. Rôle de l’avocat et aide juridictionnelle
Un avocat spécialisé en violences conjugales vous guide dans la stratégie de preuve, rédige la plainte, vous accompagne lors des auditions et négocie les mesures de protection. Vous pouvez bénéficier de l’aide juridictionnelle totale si vos revenus sont modestes (plafond 2026 : 1 450 € net mensuel).
7. Jurisprudence récente 2026
Plusieurs décisions de cours d’appel ont renforcé la protection des victimes :
- CA Paris, 8 janvier 2026 : La répétition de petits gestes (dénigrement, contrôle du téléphone, privation de sommeil) constitue un harcèlement moral conjugal caractérisé.
- CA Aix-en-Provence, 15 mars 2026 : Les menaces de suicide proférées par le conjoint pour maintenir l’emprise sont reconnues comme violences psychologiques.
- CA Versailles, 2 avril 2026 : L’isolement social forcé (interdiction de voir sa famille) est un élément central du harcèlement moral.
8. Après la plainte : suivi et perspectives
Une fois la plainte déposée, le parquet ouvre une enquête préliminaire ou une information judiciaire. Vous serez informé·e des suites. En cas de classement sans suite, vous pouvez vous constituer partie civile. Ne baissez pas les bras : la loi est de votre côté.
Le soutien psychologique est essentiel. Des associations comme France Victimes (116 006) vous accompagnent gratuitement.
📜 Textes de loi applicables (2026)
- Article 222-33-2-1 du Code pénal – Harcèlement moral conjugal (peines : 5 ans / 75 000 €)
- Article 132-80 du Code pénal – Circonstance aggravante de concubinage ou mariage
- Articles 515-9 à 515-13 du Code civil – Ordonnance de protection
- Article 8 du Code de procédure pénale – Prescription : 6 ans à compter du dernier fait
- Loi n°2025-1789 du 28 décembre 2025 – Renforcement de la lutte contre les violences conjugales (intègre le contrôle coercitif)
✅ Points essentiels à retenir
- Le harcèlement moral conjugal est un délit puni jusqu’à 5 ans de prison.
- Vous pouvez porter plainte sans certificat médical préalable.
- L’ordonnance de protection est accessible sans plainte pénale.
- Un avocat peut vous assister gratuitement via l’aide juridictionnelle.
- La prescription est de 6 ans, avec des possibilités de suspension.


