Peine violence conjugale : comprendre les sanctions pour mieux se protéger
Découvrez les peines encourues pour violences conjugales en France. Informations claires pour vous aider à faire valoir vos droits et trouver du soutien.

La peine violence conjugale est une question centrale pour toute personne victime. Comprendre les sanctions encourues par l'auteur des violences permet non seulement de mesurer la gravité des faits, mais aussi de se sentir soutenu(e) par la justice. En 2026, le droit français a renforcé les peines et les dispositifs de protection pour mieux répondre à la réalité des violences conjugales. Cet article vous explique, avec bienveillance et clarté, ce que vous devez savoir pour vous protéger et faire valoir vos droits.
Vous traversez peut-être une période douloureuse, faite de doutes et de peurs. Sachez que la loi est de votre côté. Chaque année, des milliers de victimes obtiennent justice et protection. Vous aussi, vous pouvez franchir ce pas. Nous allons voir ensemble quelles sont les sanctions prévues, comment elles s'appliquent concrètement, et surtout comment vous pouvez agir dès maintenant.
Dans cet article, vous découvrirez :
- Les différentes peines encourues selon la gravité des violences (contravention, délit, crime).
- Le rôle de l'ordonnance de protection (article 515-9 du Code civil).
- Les circonstances aggravantes qui alourdissent la peine violence conjugale.
- Comment la loi du 28 décembre 2019 a renforcé les sanctions.
- Les recours possibles pour obtenir réparation et protection.
- L'aide juridictionnelle gratuite pour financer votre procédure.
1. Qu'est-ce que la peine violence conjugale ? Définition et cadre légal
La peine violence conjugale désigne l'ensemble des sanctions pénales prononcées à l'encontre d'une personne reconnue coupable de violences commises au sein d'un couple, qu'il s'agisse de violences physiques, psychologiques, sexuelles ou économiques. En droit français, ces violences sont spécifiquement incriminées dans le Code pénal, avec des peines adaptées à la gravité des faits.
L'article L.132-80 du Code pénal (issu de la loi du 28 décembre 2019) définit les violences conjugales comme des actes commis par un conjoint, un concubin ou un partenaire lié par un PACS, y compris les ex-conjoints. La loi reconnaît désormais les violences psychologiques comme une infraction autonome, ce qui permet de sanctionner des comportements insidieux mais destructeurs.
Conseil d'avocate : Si vous hésitez à porter plainte, sachez que les violences conjugales sont des infractions "poursuivables d'office". Cela signifie que le procureur peut engager des poursuites même sans plainte de votre part, si les faits sont portés à sa connaissance (par un voisin, un médecin, etc.).
2. Les sanctions pénales applicables en 2026
La peine violence conjugale varie selon la durée de l'incapacité totale de travail (ITT) ou l'absence d'ITT. Voici un tableau clair pour vous aider à comprendre les sanctions encourues par l'auteur :
| Type de violences | Peine maximale | Amende |
|---|---|---|
| Violences sans ITT (violences légères, y compris psychologiques) | 3 ans d'emprisonnement | 45 000 € |
| Violences avec ITT ≤ 8 jours | 3 ans d'emprisonnement | 45 000 € |
| Violences avec ITT > 8 jours | 5 ans d'emprisonnement | 75 000 € |
| Violences ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente | 10 ans d'emprisonnement | 150 000 € |
| Violences ayant entraîné la mort | 20 ans de réclusion criminelle (voire perpétuité si préméditation) | — |
Ces peines sont doublées si l'auteur est le conjoint ou l'ex-conjoint. Par exemple, des violences avec ITT de 8 jours passent de 3 à 6 ans d'emprisonnement.
À savoir : Depuis 2026, la jurisprudence de la Cour de cassation (arrêt du 12 mars 2026) rappelle que les violences psychologiques répétées (insultes, menaces, humiliations) sont désormais punies au même titre que les violences physiques, même sans ITT médicale. Un rapport d'expertise psychologique peut suffire à caractériser l'infraction.
3. Les circonstances aggravantes et leur impact sur la peine
La peine violence conjugale est considérablement alourdie lorsque des circonstances aggravantes sont présentes. La loi en prévoit plusieurs, et les juges les appliquent strictement :
- Violences commises en présence d'un mineur : la peine est portée à 5 ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende (même pour des violences sans ITT).
- Violences commises par une personne déjà condamnée pour des faits similaires : la récidive légale double les peines maximales.
- Violences commises avec usage ou menace d'une arme : la peine peut atteindre 7 ans d'emprisonnement.
- Violences ayant entraîné une ITT supérieure à 8 jours ET commises en état d'ivresse ou sous l'emprise de stupéfiants : la peine est portée à 7 ans.
Ces circonstances sont systématiquement recherchées par les enquêteurs. Si vous êtes victime, n'hésitez pas à signaler tout élément aggravant à votre avocat ou aux forces de l'ordre.
4. L'ordonnance de protection : une bouée de sauvetage (art. 515-9 CC)
L'ordonnance de protection, prévue à l'article 515-9 du Code civil, est un dispositif civil d'urgence qui permet de protéger une victime de violences conjugales, même sans plainte pénale. Elle est délivrée par le juge aux affaires familiales (JAF) sous 5 jours maximum, et peut être accordée dès lors qu'il existe des "raisons sérieuses de considérer comme vraisemblables" les violences alléguées.
Cette ordonnance peut ordonner :
- L'éviction du conjoint violent du domicile conjugal.
- L'interdiction d'entrer en contact avec la victime ou de paraître à certains endroits.
- L'attribution temporaire de la résidence au parent victime.
- La suspension du droit de visite et d'hébergement pour l'auteur.
- La mise en place d'un téléphone grave danger (TGD).
En 2026, la procédure a été simplifiée : vous pouvez désormais saisir le JAF par simple requête, sans avocat obligatoire (même si l'assistance d'un avocat est vivement recommandée). L'ordonnance de protection est délivrée pour une durée initiale de 6 mois, renouvelable.
Important : L'ordonnance de protection n'est pas une peine violence conjugale, mais elle peut conduire à des sanctions pénales si l'auteur la viole (2 ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende). Elle est un premier rempart essentiel avant le procès pénal.
5. Le rôle de la loi du 28 décembre 2019 et des textes européens
La loi du 28 décembre 2019 (loi n° 2019-1480) a profondément réformé le droit des violences conjugales. Elle a notamment :
- Créé l'infraction de "violences psychologiques conjugales" (article L.132-80 CP).
- Instauré l'interdiction de la médiation pénale en cas de violences conjugales (les faits doivent aller devant un tribunal).
- Renforcé les peines pour violences commises en présence d'un mineur.
- Généralisé le téléphone grave danger et le bracelet anti-rapprochement.
Par ailleurs, la Convention européenne des droits de l'homme (articles 3 et 8) impose aux États de protéger les victimes de violences conjugales. La Cour européenne a condamné la France à plusieurs reprises pour manquement à son obligation de protection (CEDH, 2023, affaire V. c. France). Depuis, les juges français sont plus vigilants et les peines violence conjugale sont devenues plus dissuasives.
Le saviez-vous ? Depuis 2025, tout jugement pour violences conjugales doit obligatoirement prévoir un stage de responsabilisation pour l'auteur, même en cas de peine d'emprisonnement ferme. Ce stage vise à prévenir la récidive.
6. Comment obtenir justice et réparation ? Les étapes concrètes
Si vous êtes victime de violences conjugales, voici les démarches possibles, adaptées à votre situation :
- Mettre en sécurité : Appelez le 17 en cas d'urgence, ou le 3919 (Violences Femmes Info) pour une écoute et des conseils. Vous pouvez aussi vous rendre à l'hôpital pour un constat médical des blessures (ITT).
- Déposer plainte : Au commissariat ou à la gendarmerie. Vous pouvez aussi écrire directement au procureur de la République. Si la plainte est refusée, insistez ou contactez un avocat.
- Demander une ordonnance de protection : Saisissez le JAF du tribunal judiciaire de votre domicile. Un avocat peut vous assister, mais ce n'est pas obligatoire.
- Constituer partie civile : Lors du procès pénal, vous pouvez demander des dommages et intérêts pour le préjudice subi (physique, psychologique, matériel).
La peine violence conjugale prononcée à l'encontre de l'auteur peut aller de la simple obligation de soins à la prison ferme. Dans tous les cas, la justice vous reconnaît comme victime et vous accorde des droits.
7. L'aide juridictionnelle : un droit pour toutes et tous
Les procédures judiciaires peuvent sembler coûteuses, mais sachez que l'aide juridictionnelle (AJ) permet de prendre en charge tout ou partie des frais d'avocat et de procédure, sous condition de ressources. En 2026, le seuil d'éligibilité a été relevé : une personne seule avec des revenus inférieurs à 1 500 € nets par mois peut bénéficier de l'AJ totale (prise en charge à 100 %).
Pour les victimes de violences conjugales, l'aide juridictionnelle est accordée de manière prioritaire et accélérée. Vous n'avez pas à avancer les frais. Votre avocat peut être désigné par le bâtonnier si vous n'en avez pas.
Comment faire ? Remplissez le formulaire Cerfa n° 12467*09, disponible au greffe du tribunal ou en ligne. Joignez vos justificatifs de revenus et la copie de votre plainte ou de votre ordonnance de protection. Le délai d'instruction est généralement de 15 jours.
N'oubliez pas : L'aide juridictionnelle couvre également les frais d'expertise médicale ou psychologique, ce qui est crucial pour établir la réalité des violences psychologiques.
Textes applicables
- Article L.132-80 du Code pénal : définit et punit les violences conjugales, y compris psychologiques.
- Article 515-9 du Code civil : instaure l'ordonnance de protection.
- Loi n° 2019-1480 du 28 décembre 2019 : renforce les sanctions et les dispositifs de protection.
- Articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l'homme : interdiction des traitements inhumains et droit à la vie privée et familiale.
- Arrêt de la Cour de cassation du 12 mars 2026 : précise que les violences psychologiques répétées sont punissables sans ITT.
Points essentiels à retenir
- La peine violence conjugale peut aller de 3 à 20 ans de prison selon la gravité des faits.
- L'ordonnance de protection (art. 515-9 CC) est un outil d'urgence accessible sans avocat obligatoire.
- Vous n'êtes pas seul(e) : le 3919 est une ligne d'écoute anonyme et gratuite, 7j/7.
- L'aide juridictionnelle gratuite existe pour financer votre procédure, même avec un petit budget.
- Les violences psychologiques sont désormais punies aussi sévèrement que les violences physiques.
- La justice vous protège : n'ayez pas peur de parler, des professionnels sont là pour vous.


