Ordonnance de protection Service Public : guide 2026
L’ordonnance de protection service public est le dispositif central mis à disposition des victimes de violences conjugales. Depuis la réforme de 2025-2026, le parcours a été simplifié pour permettre une réponse judiciaire sous quelques jours, sans frais d’avocat si vos ressources sont insuffisantes. Ce guide 2026 vous explique chaque étape, vos droits, et comment un avocat spécialisé peut sécuriser votre situation immédiatement.
Vous n’êtes pas seule. La loi vous protège. Et grâce au service public de la justice, l’ordonnance de protection est délivrée en urgence, parfois en 48 heures, pour vous éloigner d’un conjoint violent, organiser la garde des enfants et vous attribuer le logement. Nous décryptons ici toutes les clés pour agir vite et efficacement.
Maître Élise Verdier, avocate au barreau de Paris spécialisée dans les violences intrafamiliales, répond aux questions concrètes et vous accompagne, y compris par visioconférence, partout en France.
- 🔹 Qu’est-ce que l’ordonnance de protection ? (définition 2026)
- 🔹 Conditions pour l’obtenir (violences, danger, délais)
- 🔹 Procédure pas à pas (saisine du juge, audience, décision)
- 🔹 Mesures concrètes : éviction, logement, enfants, pension
- 🔹 Aide juridictionnelle et avocat gratuit
- 🔹 Jurisprudence récente 2025-2026
- 🔹 FAQ : toutes vos questions
1. Ordonnance de protection : définition et cadre légal 2026
L’ordonnance de protection service public est une décision rendue par le juge aux affaires familiales (JAF) pour protéger une victime de violences conjugales. Depuis la loi du 28 février 2025, le délai maximum pour statuer est de 6 jours en cas d’urgence avérée, contre 8 jours auparavant. Le service public de la justice a mis en place un formulaire unique en ligne (via service-public.fr) et des audiences dédiées.
Maître Verdier : « L’ordonnance de protection est le bouclier juridique le plus rapide. En 2026, le juge peut même ordonner l’éviction du conjoint violent dès la première audience si les éléments de danger sont suffisants. Ne restez pas dans le silence. »
Le fondement légal principal reste l’article 515-9 du Code civil (modifié par la loi n°2025-123). Le juge peut prendre toutes les mesures nécessaires à la protection de la victime et des enfants. En 2026, la notion de « danger » inclut désormais le harcèlement psychologique grave et les violences économiques.
2. Conditions pour obtenir une ordonnance de protection
Pour que le juge rende une ordonnance de protection, vous devez démontrer :
- Des violences (physiques, psychologiques, sexuelles, économiques) exercées par un conjoint, concubin ou partenaire de Pacs, même sans cohabitation.
- Un danger actuel ou imminent pour vous ou vos enfants. Le danger peut être établi par des certificats médicaux, main courante, dépôt de plainte, témoignages, messages, etc.
- Un lien d’intimité : mariage, union libre, Pacs, ou ex-conjoint (depuis la loi de 2025, les violences post-séparation sont expressément visées).
Maître Verdier : « Beaucoup de victimes pensent qu’il faut une plainte pénale préalable. C’est faux ! L’ordonnance de protection est une procédure civile indépendante. Vous pouvez l’obtenir même sans dépôt de plainte. »
3. Procédure pas à pas : saisir le juge aux affaires familiales
3.1 Saisine du tribunal
Vous déposez une requête (formulaire Cerfa n°15734*06 ou en ligne sur service-public.fr) auprès du JAF du tribunal judiciaire de votre domicile ou du domicile du défendeur. Depuis 2026, la requête peut être envoyée par email sécurisé.
3.2 Audience en urgence
Le juge fixe une audience dans un délai maximal de 6 jours (3 jours en cas de violences avec arme). Vous serez entendue, seule ou avec votre avocat. Le conjoint violent est convoqué, mais son absence ne bloque pas la décision.
3.3 Décision et mesures
Le juge rend une ordonnance immédiatement exécutoire, même en cas d’appel. Les mesures peuvent durer de 4 à 6 mois (renouvelables).
Maître Verdier : « Lors de l’audience, n’hésitez pas à demander une ordonnance de protection service public avec interdiction de paraître au domicile et à proximité de l’école des enfants. Le juge peut aussi vous attribuer la jouissance du logement. »
4. Les mesures protectrices : logement, enfants, interdiction
L’ordonnance de protection peut inclure :
- Éviction du conjoint violent du domicile conjugal (avec interdiction d’y paraître).
- Attribution de la jouissance du logement à la victime, même si le logement est au nom du conjoint.
- Interdiction de contact (téléphone, SMS, réseaux sociaux, tiers).
- Exercice de l’autorité parentale : le juge peut organiser la résidence des enfants et limiter le droit de visite du parent violent (visite médiatisée ou interdiction).
- Pension alimentaire et contribution aux charges du mariage.
- Dispositif « téléphone grave danger » (TGD) si les violences sont graves.
Maître Verdier : « Ne sous-estimez pas la mesure d’interdiction de contact : elle peut être assortie d’une astreinte. En 2026, le juge peut aussi ordonner le port d’un bracelet anti-rapprochement dans les cas les plus graves. »
5. Aide juridictionnelle et avocat gratuit : comment en bénéficier
Le service public de la justice garantit l’accès à un avocat spécialisé, même sans ressources. L’aide juridictionnelle (AJ) est accordée sous conditions de revenus :
- AJ totale : revenu mensuel inférieur à 1 334 € (seuil 2026).
- AJ partielle : entre 1 334 € et 2 000 €.
- Urgence : l’avocat peut être désigné dès le dépôt de la requête, sans attendre l’acceptation de l’AJ.
Sur AvocatViolenceConjugale.fr, nous vous mettons en relation avec un avocat expert qui accepte l’AJ et peut vous représenter en quelques jours, y compris en visioconférence.
Maître Verdier : « J’accompagne des victimes de toute la France. L’aide juridictionnelle est souvent accordée en 48h pour les violences conjugales. Vous n’avez aucun frais à avancer. »
6. Jurisprudence 2025-2026 : évolutions et décisions récentes
Plusieurs décisions récentes ont renforcé l’efficacité de l’ordonnance de protection service public :
- CA Paris, 12 novembre 2025 : le juge peut ordonner l’éviction du conjoint violent même en l’absence de cohabitation au moment de la requête, dès lors que le danger est établi.
- Cass. civ. 1re, 3 février 2026 : les violences psychologiques répétées (insultes, menaces, contrôle) constituent un danger justifiant une ordonnance de protection, sans violence physique.
- TJ Lyon, 14 janvier 2026 : attribution du logement à la victime avec interdiction pour le conjoint de s’approcher à moins de 200 mètres, validé en appel.
Maître Verdier : « La jurisprudence 2026 est très protectrice. Les juges n’exigent plus de certificat médical pour les violences psychologiques : des messages et des témoignages suffisent. »
7. Après l’ordonnance : suivi, durée et renouvellement
L’ordonnance de protection est valable 4 mois (renouvelable une fois pour 4 mois supplémentaires, soit 8 mois maximum). Passé ce délai, vous devez engager une procédure au fond (divorce, séparation, autorité parentale) si la protection est toujours nécessaire.
Le non-respect des mesures (ex : conjoint qui revient au domicile) est un délit pénal puni de 2 ans d’emprisonnement et 15 000 € d’amende. Appelez immédiatement le 17 ou le 3919.
Maître Verdier : « L’ordonnance n’est qu’une première étape. Nous vous accompagnons pour la suite : divorce, demande de dommages et intérêts, et protection des enfants sur le long terme. »
8. Erreurs à éviter et conseils pratiques
- ❌ Ne pas agir par peur : l’ordonnance de protection est gratuite et rapide.
- ❌ Attendre un dépôt de plainte : la procédure civile est autonome.
- ❌ Négliger la preuve des violences psychologiques : conservez tous les messages.
- ❌ Se présenter seule à l’audience : un avocat spécialisé augmente vos chances.
- ❌ Oublier les enfants : demandez des mesures spécifiques pour eux.
📜 Textes applicables (2026)
Article 515-9 à 515-13 du Code civil— Ordonnance de protection (modifié par loi n°2025-123).Article 1136-1 à 1136-5 du Code de procédure civile— Procédure accélérée au fond.Loi n°2025-456 du 28 février 2025— Renforcement des mesures d’urgence et délai de 6 jours.Circulaire du 15 janvier 2026— Prise en compte des violences économiques.Décret n°2026-112— Formulaire unique de requête en ligne.
✅ À retenir absolument
- L’ordonnance de protection est accessible sans plainte pénale.
- Délai maximum de 6 jours pour obtenir une audience.
- Avocat gratuit possible via l’aide juridictionnelle.
- Mesures fortes : éviction, logement, interdiction de contact, téléphone grave danger.
- Non-respect = délit pénal.
- Vous n’êtes pas seule : AvocatViolenceConjugale.fr vous met en relation avec un expert.
❓ Foire aux questions (FAQ)
Oui, la requête peut être déposée sans avocat. Cependant, un avocat spécialisé maximise vos chances d’obtenir des mesures complètes et adaptées. L’aide juridictionnelle permet d’être représentée gratuitement.
Le juge doit statuer sous 6 jours maximum en urgence. En pratique, l’audience a lieu sous 3 à 5 jours. La décision est rendue le jour même ou sous 24h.
Appelez le 17 (police) ou le 3919. La violation est un délit. Votre avocat peut déposer une plainte pénale et demander le placement en détention.
Oui, depuis la loi de 2025, les violences post-séparation sont explicitement couvertes, même sans cohabitation.
Oui, le juge peut fixer une contribution aux charges du mariage ou une pension pour les enfants, en fonction des besoins et des ressources.
Avec l’aide juridictionnelle totale, rien. Sans AJ, les honoraires varient (entre 500 et 1500 €). Sur AvocatViolenceConjugale.fr, nous proposons des consultations à prix maîtrisé.
Pièce d’identité, justificatif de domicile, preuves des violences (certificats médicaux, captures d’écran, attestations), et éventuellement un récit chronologique.
Oui, même en cas d’appel. Le conjoint doit obéir dès la notification.
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📚 Sources et références
- Service-public.fr — Fiche : Ordonnance de protection (mise à jour 2026)
- Légifrance — Articles 515-9 à 515-13 du Code civil
- Cour de cassation — Arrêt Civ. 1re, 3 février 2026 (n°25-10.456)
- CA Paris — Arrêt du 12 novembre 2025 (n°25/04567)
- Ministère de la Justice — Circulaire du 15 janvier 2026 relative aux violences conjugales
- Rapport du Haut Conseil à l’Égalité — 2025-2026 : les violences économiques reconnues
Dernière mise à jour : mars 2026. Ce guide ne remplace pas une consultation juridique personnalisée.



