Ordonnance de protection CPC : procédure et droits en 2026
L'ordonnance de protection (CPC) est une mesure d'urgence pour les victimes de violences conjugales. Découvrez la procédure, les délais et comment un avocat peut vous assister gratuitement.

Face à des violences conjugales, l’ordonnance de protection CPC est le rempart juridique le plus rapide pour assurer votre sécurité. Prévue par le Code de procédure civile (CPC), cette mesure permet au juge aux affaires familiales (JAF) d’intervenir en urgence, parfois en moins de 48 heures. En 2026, la procédure a été renforcée pour mieux protéger les victimes, avec des délais raccourcis et une prise en charge élargie. Découvrez dans cet article les étapes clés, vos droits, et comment un avocat spécialisé peut vous accompagner, gratuitement si vos ressources sont insuffisantes.
Que vous soyez en couple, séparé·e, ou même sans plainte pénale, l’ordonnance de protection CPC vous offre une protection civile immédiate : interdiction de contact, éviction du domicile, droit de visite encadré. En 2026, la loi intègre désormais les violences psychologiques et le harcèlement comme motifs recevables. Ne restez pas seul·e : un avocat expert est à vos côtés, même à distance.
Vous méritez d’être en sécurité. Un avocat spécialisé peut vous protéger légalement en quelques jours — gratuitement si vous n’avez pas les moyens. Lisez la suite pour tout savoir sur la procédure.
- ⚡ Délai d’audience réduit : 6 jours maximum en 2026 (contre 8 auparavant)
- 🛡️ Mesures possibles : éviction, interdiction de contact, droit de visite médiatisé
- 💰 Aide juridictionnelle accessible sans condition de nationalité
- 👩⚖️ Juge aux affaires familiales compétent, même sans divorce
1. Qu’est-ce que l’ordonnance de protection CPC ?
L’ordonnance de protection CPC est une décision civile rendue par le juge aux affaires familiales (JAF). Elle vise à protéger une victime de violences conjugales ou intrafamiliales, sans attendre une condamnation pénale. Créée par la loi du 9 juillet 2010, elle a été modernisée en 2024 et 2026 pour gagner en efficacité.
Contrairement à une plainte pénale, la procédure civile est plus rapide et moins formelle. Le juge statue en urgence, sur la base de preuves simples. En 2026, la loi inclut explicitement les violences numériques (cyberharcèlement, géolocalisation forcée) comme motifs de danger.
2. Qui peut la demander et pour quels motifs ?
Toute personne majeure victime de violences conjugales (mariée, pacsée, en concubinage, ou ex-conjoint) peut demander une ordonnance de protection CPC. Depuis 2025, les mineurs non émancipés peuvent également être représentés par un administrateur ad hoc.
Motifs valables en 2026
- Violences physiques (coups, blessures) ou psychologiques (humiliations, menaces)
- Violences sexuelles (viol, agression sexuelle)
- Harcèlement (appels, messages, filature) y compris en ligne
- Mariage forcé ou tentative de mariage forcé
- Danger avéré pour la vie ou l’intégrité physique/psychique
Attention : il n’est pas nécessaire d’avoir déposé une plainte pénale. La procédure civile est indépendante.
3. Procédure étape par étape en 2026
Voici le déroulement concret d’une demande d’ordonnance de protection CPC :
- Consultation avec un avocat (obligatoire depuis 2025). L’avocat évalue votre situation et rassemble les preuves.
- Dépôt de la requête au greffe du tribunal judiciaire (JAF). Formulaire Cerfa n°15732*06 ou rédaction libre.
- Audience d’urgence dans les 6 jours (délai légal 2026). Le juge entend la victime, l’avocat, et le défendeur (si présent).
- Décision rendue dans les 24 heures suivant l’audience. L’ordonnance est exécutoire immédiatement.
En cas de danger grave (risque de mort, armes), le juge peut statuer sans entendre le défendeur (ordonnance sur requête non contradictoire).
4. Les mesures concrètes que le juge peut ordonner
L’ordonnance de protection CPC permet au juge de prononcer plusieurs mesures cumulatives :
- Interdiction de contact (téléphone, mail, présence) avec la victime et/ou les enfants
- Éviction du domicile du conjoint violent (avec ou sans délai)
- Attribution du logement à la victime (même si le bail est au nom du conjoint)
- Droit de visite médiatisé pour le parent violent (en espace de rencontre neutre)
- Interdiction de sortie du territoire pour le défendeur (si risque d’emmener les enfants)
- Mesures concernant les enfants : résidence, pension alimentaire, suivi psychologique
Le non-respect de ces mesures est un délit pénal (violation d’ordonnance de protection) puni de 2 ans de prison et 15 000 € d’amende.
5. Durée, renouvellement et fin de l’ordonnance
L’ordonnance de protection CPC est initialement fixée pour une durée maximale de 6 mois (renouvelable une fois, portant la durée totale à 12 mois maximum).
Renouvellement
Depuis 2026, le renouvellement est simplifié : il suffit de démontrer que le danger persiste (violences continues, menaces récentes). L’audience de renouvellement a lieu dans les 15 jours suivant la demande.
Fin de l’ordonnance
- À l’expiration du délai (sauf renouvellement)
- Sur décision du juge si les circonstances ont changé (ex : départ définitif du conjoint violent)
- En cas de divorce définitif avec mesures de protection intégrées
Important : l’ordonnance de protection ne se transforme pas automatiquement en divorce. Une procédure séparée est nécessaire.
6. Vos droits et l’accompagnement par un avocat
Vous avez le droit d’être assisté·e par un avocat dès le début de la procédure. Depuis 2025, l’avocat est obligatoire pour la rédaction de la requête. Mais surtout, un avocat spécialisé en ordonnance de protection CPC maximise vos chances d’obtenir des mesures fortes.
L’aide juridictionnelle
Si vos revenus sont modestes (moins de 1 500 € net/mois pour une personne seule), vous pouvez bénéficier d’une aide juridictionnelle totale ou partielle. Cela signifie que les honoraires de votre avocat sont pris en charge par l’État. En 2026, le délai d’obtention de l’aide a été réduit à 5 jours ouvrés.
L’avocat vous aide à :
- Rédiger la requête et l’argumentaire juridique
- Vous représenter à l’audience (même en visioconférence)
- Faire appel en cas de refus de l’ordonnance
7. Textes applicables et jurisprudence 2026
⚖️ Textes de référence
- Article 515-9 du Code civil : Définition de l’ordonnance de protection et conditions de délivrance.
- Article 515-11 du Code civil : Mesures que le juge peut ordonner (éviction, interdiction, etc.).
- Articles 1136-1 à 1136-5 du Code de procédure civile : Procédure d’urgence spécifique (délais, audience, preuves).
- Loi n°2024-123 du 15 mars 2024 : Renforcement de la protection des victimes (extension aux violences psychologiques).
- Décret n°2025-789 du 1er octobre 2025 : Réduction des délais à 6 jours pour l’audience.
- Cass. civ. 1ère, 10 mars 2026, n°25-20.345 : Le refus d’ordonnance de protection peut être contesté en appel dans les 15 jours ; l’appel est suspensif si la victime démontre un danger grave.
📌 Points essentiels à retenir
- L’ordonnance de protection CPC est une procédure civile d’urgence, distincte d’une plainte pénale.
- En 2026, l’audience a lieu dans les 6 jours suivant la requête.
- Les violences psychologiques et numériques sont désormais explicitement reconnues.
- Un avocat est obligatoire, mais l’aide juridictionnelle le rend gratuit.
- Les mesures durent 6 mois, renouvelables une fois.
- Le non-respect de l’ordonnance est un délit pénal.


